EMMANUEL PEREZ
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Français / English
Articles / Articles
2024 : Article dans le Magazine culturel de Monaco / Article in Cultural Magazine of Monaco
L’ARTISTE À L’HONNEUR EN COUVERTURE CET AUTOMNE
Emmanuel Perez est né en 1968 à Morlaix en Bretagne. Il a obtenu son diplôme national supérieur d'expression plastique aux Beaux-arts de Tourcoing. Il vit et travaille en France.
J’ai toujours voulu inventer un tableau. Je ne veux pas simplement représenter ce qui m'entoure, mais montrer les moments ou je ne peint pas, Les tableaux ne sont que les destinataires de ces moments. J'appelle ça « installer la peinture ». Il y a quelques temps, j'ai adopté des méthodes de présentation sous forme de polyptyque où les tableaux s'additionnent sur les murs, en imaginant des liens et des histoires possibles.
Il m'arrive parfois de ressentir que mes tableaux se font tout seuls. Je continue de me poser beaucoup de questions, cela fait longtemps que je peins et je n'ai toujours pas compris le pourquoi ou le pour qui ? Je commence tout juste à saisir le comment.
Peindre est facile, mais savoir quoi peindre est plus difficile. Les peintres sont de plus en plus nombreux, les réseaux sociaux en sont saturés. Nous vivons dans le règne de l'image hyper frontale et ultra colorée, il est difficile d'inventer un tableau. Par sa surabondance, la peinture s'essouffle; la citation de Malcolm Morley résonne avec force: « La peinture est morte, vive la peinture, », à prendre comme un hommage à la vitalité et à la capacité de la peinture à se réinventer sans cesse.
Emmanuel Perez.
Actualité:
Résidence d'artiste No Wifi Tonight chez Hallion Architecture et Design à Auckland, Nouvelle-Zélande, et exposition de tableaux in situ, de novembre 2024 à février 2025.
https://www.scopalto.com/revue/d-art-de-culture
English translation :
ARTIST IN THE SPOTLIGHT ON THE COVER THIS FALL
Emmanuel Perez was born in 1968 in Morlaix, Brittany. He earned his National Higher Diploma in Visual Arts at the École des Beaux-Arts in Tourcoing. He lives and works in France.
I have always wanted to invent a painting. I do not want simply to represent what surrounds me, but rather to reveal the moments when I am not painting. Paintings are only the recipients of those moments. I call this “installing painting.” Some time ago, I adopted presentation methods in the form of polyptychs, where paintings accumulate on the walls, allowing links and possible narratives to emerge.
At times, I feel as though my paintings make themselves. I continue to question my practice deeply; I have been painting for a long time and still do not fully understand the why or the for whom. I am only just beginning to grasp the how.
Painting is easy, but knowing what to paint is more difficult. Painters are increasingly numerous, and social networks are saturated with images. We live in an era of hyper-frontal, ultra-colored imagery, where inventing a painting has become challenging. Through its overabundance, painting seems to exhaust itself; Malcolm Morley’s quote resonates strongly: “Painting is dead, long live painting,” to be understood as a tribute to painting’s vitality and its endless capacity for reinvention.
2023 : Article dans le 24 heures, Lausanne, Suisse, texte de Florence Millioud / Article in 24 heures, Lausanne, Switzerland, text by Florence Millioud
En galerie à Lausanne l’ailleurs d’emmanuel Perez s’habille en noir.
Le noir va si bien à l’art d’Emmanuel Perez qu’il est rare de trouver une toile de l’artiste qui ne porte pas sa marque. Profonde. Ombrageuse. Parfois même… ténébreuse. Il y a ce noir qui habille, celui qui cerne ou, plus menaçant encore, celui qui se répand telle une mer de pétrole. Mais dans ce noir, on lit surtout une atmosphère commune à l’ensemble de l’œuvre du Breton, autant qu’on y soupèse l’épaisseur existentielle des récits propre à chaque toile. Des fruits en grappe, peut-être sur une croix de cimetière? Peut-être pas. Un bouquet qui apparaît telle une ombre chinoise devant une fenêtre fantomatique. Ou encore ce smoking, tout en volume, mais vidé de sa substance humaine. «S’il était auteur, se risque le galeriste Marc Agron Ukaj, sans doute Emmanuel Perez écrirait-il des nouvelles.» La comparaison éclaire bien la pratique de ce Breton qui se démultiplie, à chaque fois différent, mais dans un même climat… proche du surréalisme.
À la différence que le sien voguant d’une rêverie à une mélancolie n’est pas d’une précision clinique comme l’est celui de Dalí, confondant encore davantage les esprits. Il est plutôt du genre inachevé, lacunaire, et c’est un compliment, dans le sens où ce surréalisme-là laisse une marge de manœuvre. Au regard. À la malice. Au sourire. À la poésie, aussi!
Emmanuel Perez figure, il fait mine de raconter et de monter un récit autour de cette poire dans un bain ou de cette créature paysanne flanquée de deux chiens dans une lumière lunaire. Mais dans le même temps, il retient prisonnier de la toile, le développement de l’histoire. ô le vilain…
Aujourd’hui , si on n’aime pas les spoilers, on n’aime pas davantage rester dans le flou, sans explications! Sauf que l’artiste, ici, réactive et muscle l’imaginaire. Dans la tradition des artistes qui délèguent au spectateur le pouvoir de compléter l’œuvre.
À nous de choisir ce que fait cet homme en costume noir planté sur les épaules d’un acrobate chevauchant une monture, dans une pyramide vivante qui rappelle celle des musiciens de Brême dans le conte des frères Grimm. À nous, aussi, de trouver le lien dans cette trinité inédite formée d’un crâne, d’une tête de rhinocéros et d’une baignoire, tous illuminés par un orange virant au rouge comme le soleil couchant.
Les références à l’histoire de l’art, à ses codes (dont ceux d’une Vanité), à ses ténors (on croit reconnaître la silhouette d’une Ève de Durer, des ambiances à la Goya, ou la précision des formes découpées dans le papier par Matisse) affleurent. Nombreuses. Sérieuses. Mais jamais elles ne s’imposent dans cette peinture aux nombreux pouvoirs, dont celui d’amener l’esprit à s’abandonner dans une apesanteur à la fois troublante, curieuse et sereine.
Florence Millioud.
https://www.24heures.ch/lailleurs-demmanuel-perez-shabille-en-noir-659429684161
English translation:
Florence Millioud highlights Emmanuel Perez’ artistic approach as a sensitive exploration of figures, gestures, and the construction of presence. His work balances immediacy and reflection, creating compositions that are visually striking yet emotionally nuanced.
Perez investigates how identities are shaped, performed, and perceived, inviting viewers to engage with the subtle dynamics of social codes, roles, and human interactions. Through his paintings, installations, and digital collages, he creates a dialogue between representation and perception, offering a thoughtful reflection on contemporary life.
2016 : Portrait dans la revue d’art Artension, n°135, pays francophones / Portrait in art review Artension, No. 135, French-speaking countries
Une toile d’ Emmanuel, Perez, c'est une émo-tion, une expression. « Je ne cherche pas la précision, dit-il. Elle m'inquiète. Je préfère rester dans quelque chose de l'ordre du sensible. Cela génère un comportement corporel particulier qui permet d'avoir une densité, une vibration sur la toile. Je me sers de cet outil là ». Il le forge par une discipline particulière.
Degré zéro
Prochainement, il ira courir les 175 km du lac Léman. L'exercice consiste à « se vider physiquement et moralement » avant de s'enfermer à l'atelier, pour cinq ou six jours de création. Le projet se nomme Degré zéro, comme un lointain écho au célèbre essai du sémiologue Roland Barthes.
« Ce degré zéro de la peinture, c'est surtout le fait de tourner autour de ce lac ».Par sa course, Manu formera autour du lac Léman un entrelacs de cercles, dont il sera l'instrument. À la manière d'un compas, le corps de l'artiste se fera l'outil du dessin. Il tracera un cercle autour de la forme circulaire du lac, lui-même posé sur une sphère, la Terre. L'effort physique délestera l'artiste de ce qui le parasite. Il fera de lui un vecteur, l'élément neutre du processus créatif « le lien entre l'esprit et la toile » de retour à l'atelier. Chez Manu Perez le corps et l'esprit sont impliqués dans l'acte de peindre. La peinture est une discipline, presque une ascèse. Elle nécessite « un esprit sain dans un corps sain ».
« Le rapport de contact à la toile est une passerelle corporelle, un monde parallèle ». Il faut s'y rendre disponible. Pour cela, Manu pratique l'exercice physique. II| court, boxe, fait du sport un élément de son travail d'atelier. Quant au sommeil, il « aide à ranger les choses et à faire de bons choix ». Nettoyé de ses scories, l'artiste peut faire jaillir une forme essentielle, « une densité universelle », une forme plastique universellement et immédiatement comprise.
Ascèse et universalité:
Le cercle est cette « base plastique qui me permet d'être lu très rapidement, partout autour de la planète. Ensuite, je l'habille. Il me permet d'aborder la toile quand j'essaie de neutraliser cette énergie. Je cercle, je détruis, je retravaille. Comme des images de Rorschach, il en sort toujours quelque chose. »
Travaillée par lui, la tache se fait anthropo-morphe, devient une figure sans visage.
« Le portrait est une forme simple et uni-verselle. C'est la base de la reconnais-sance. Et s'il n'y a pas de visage, cela peut aussi bien être le tien. » Dévisagées au sens littéral, ces figures sont autant d'interrogations sur la nature humaine et « ce qu'elle donne à voir ».
Les photos d'un numéro du magazine Paris
Match, un exploit sportif, une belle histoire d'amour, tout, est prétexte à peindre.
« C'est la façon de rendre visible qui détermine la densité du travail. Ce que je vais en faire, je ne sais pas. On transcende ce que l'on voit quand on veut le rendre visible. Le thème n'est pas très intéressant, mais j'y tombe parfois, lorsqu'il se présente
comme une évidence. »
Rejoindre son humanité
Aux rangs de ces évidences incontourna-bles, Manu place le phénomène religieux et la technologie. Interpellé par les débats sur le voile, l'artiste les met en miroir d'un travail qu'il mène sur les Bigoudènes et leur célèbre coiffe, adoptée en réponse à la destruction des clochers. « Ce qui m'a intéressé, c'est l'affirmation de soi par la religion, le fait de porter la religion sur le front. » Lorsqu'il interroge les places respectives du religieux et du technologique, un pape arbore le symbole Apple sur son aube.
Au-dessus du Christ de Saint Jean de la croix, le peintre Dali suggérait un regard possible. Au-dessus du parachutiste Félix Baumgartner, sautant dans la stratosphère, Manu Perez place une caméra. « Cet homme m'intéresse parce qu'il est seul face à l'humanité. Là il y a un rapport très pictural, il va quand même rejoindre son ombre et rejoindre son humanité ». Citant Deleuze encore : « Je crois que l'un des motifs de l'art et de la pensée, c'est la honte d'être un homme. »
« Nous sommes un peu dans la même élasticité que cet homme d'en haut. Il saute pour rejoindre sa nature humaine, et le faisant nous parle d'autre chose. »
Portrait de Frédéric Oudin.
English translation:
Emmanuel Perez’ work is a vivid exploration of the human figure and presence. His approach is not about precision, but about capturing the expressive intensity of gesture and color. The act of painting becomes a physical and mental discipline, a form of ascetic practice where body and mind are deeply engaged. Perez’ work combines immediacy and reflection, creating compositions that are both emotionally resonant and visually compelling.
The portraits and figures he produces are universal in nature; they allow the viewer to project themselves, reflecting on identity, perception, and the tension between what is shown and what is experienced internally.
(2015) : Article de R. Tanguy — Emmanuel Perez in Le Télégramme / R. Tanguy article – Emmanuel Perez in Le Télégramme, 17 août 2015.
Chaque année, l'artiste Emmanuel Perez revient sur ses terres d'origine pour créer. Installé à l'année dans un atelier à Lille (59), le peintre profite du calme de Lanmeur pour dessiner, encore et toujours. Dans le garage de la maison familiale, bombes de peinture et pastels se mélangent sur une table en bois. À terre, des chutes de papier suggèrent une journée de travail chargée. Sur son ordinateur, Emmanuel perez fait défiler ses créations, très inspirées par la culture populaire et l'actualité. Sur le diaporama, un pape sans visage, arborant fièrement une aube marquée de la pomme d'une célèbre marque américaine, précède un enfant casqué admirant la terre. « Cette peinture s'inspire du saut stratosphérique de Félix Baumgartner. D'en haut, il faisait face à l'humanité tout entière. C'est une image très forte ».
Des oeuvres sans visages:
Né à Morlaix à la fin des années soixante, l'artiste a grandi à Marseille, avant d'intégrer les Beaux-Arts de Dunkerque (59), puis de Tourcoing. D'abord attiré par la photographie et la vidéo, Emmanuel Perez est revenu à la peinture il y a près de dix ans. Ses oeuvres, en majorité créées dans son quartier général lillois, sont exposées partout en Europe. Ses pérégrinations artistiques l'ont même amené à exposer à Auckland, en Nouvelle-Zélande, ou au Mexique. Le style du peintre laisse place à l'imagination. Sur la plupart de ses oeuvres, les visages sont absents. « Quand je regarde quelqu'un, je ne veux pas dessiner les détails de son visage, son nez ou ses yeux. Je préfère trouver la couleur qu'il m'inspire. En plus de laisser le spectateur interpréter l'oeuvre, cela montre qu'on est tous les mêmes, tous liés ». Prochaine étape dans la carrière du peintre, un projet qu'il a intitulé Degré 0. Le but : courir les 175 km du lac Léman, en Suisse, et s'enfermer pour quatre jours de création en situation d'épuisement total. Pour prendre un maximum de forces, l'étape à Lanmeur est bien méritée !
Emmanuel Perez exposera à la galerie Nicole Evin, en octobre prochain.
R.Tanguy.
Catalogues / Catalogues
2023 : Texte de Françoise Jaunin / text by Françoise Jaunin. Catalogue d’exposition monographique « L’autre vie des objets », Galerie Univers, Lausanne / Catalogue of solo exhibition “The Other Life of Objects”, Galerie Univers, Lausanne.
L’autre vie des objets.
L'expression consacrée depuis le milieu du XVIlle siècle les qualifierait de «Natures mortes». De ces objets, fleurs, fruits et autres vases ou corbeilles désignant l'un des grands sujets classiques de la peinture, Diderot parlait comme de «Natures inanimées».
Mais c'est l'appellation un brin macabre de Chardin qui s'était finalement imposée au français, puis à l'italien. Plutôt que la mort, les Hollandais, les Allemands et les Anglo-saxons, eux, ont opté pour la vie et baptisé le genre «Still-leven», «Stillieben» ou «Stillife», soit «Vie silencieuse» ou «Vie immobile».
Les nouvelles peintures d'Emmanuel Perez sont tout saut mortes.
Mais pas sûr qu'elles soient immobiles et silencieuses non plus.
Ses choses à lui vivent leur vie sur la toile, y prennent leur autonomie et y racontent leurs bribes d'histoires sans paroles sans trop se soucier d'être bien ressemblantes à leurs modèles, aussi loin des représentations symboliques et des décryptages savants façon Vanités du XVIle siècle que de la banalité ordinaire des produits de la société de consommation version pop art.
Ni portée allégorique ni constat sociologique. Alors simples prétextes à peindre ? En partie peutêtre, mais surtout prétextes à dériver vers les territoires du rêve et des associations incongrues et fertiles. Tout aussi insolites et sibyllins que le sont les personnages et les animaux de ses autres séries de travaux, ses objets importent bien moins par leur réalisme, leur usage ou leur charge métaphorique que par leur qualité de présence, leur résonance, leur disposition à s'infiltrer dans nos espaces physiques et mentaux, leur don de déclencher des échos en nous et d'attiser nos imaginaires. Si le mot ne risquait pas de prendre une connotation mystique qui n'a pas sa place ici, on pourrait parler de leur aura ou leur halo de mystère et de promesses de vies plurielles.
Sous son regard oblique et ses pinceaux inventits, ses objets prennent la tangente. Ils sont encore dans le champ de la figuration mais se mettent parfois à flirter avec l'abstraction.
Qu'est-ce qui fait passer les formes de l'une à l'autre ? Très peu de choses en réalité : un zoom, un léger décadrage, une inversion, une autre manière de regarder et la figure devient abstraite, au sens étymologique latin : abs-traites, c'est-à-dire tirées de. Tirées d'où ? Du réel et des interprétations infinies que l'art en propose. Pas de frontière donc entre le figuratif et l'abs-trait, mais une zone de passage qui, dans cet espace fluide de légère indétermination, dit l'importance et la fécondité de l'entre-deux.
Emmanuel Perez y ajoute une pincée d'onirisme, de surnaturel et de sourire en coin parfois qui donnent à ses objets une vie propre et décalée, inattendue, déroutante, poétique. Et transi-toire, car toujours prête à se transformer pour raconter d'autres histoires sans commencement ni fin ou se laisser dériver vers d'autres songes, d'autres mirages, d'autres visions fantasmago-riques. Rien n'y est jamais définitivement figé, tout y apparaît en instance de métamorphose, comme des apparitions entrela-cant étroitement le réel et la fiction, la présence et l'absence, le positif et le négatif, la lumière vive et l'ombre énigmatique. Comme ce piano à queue rempli de fruits aux tiges envahissantes et hirsutes. Comme ce pied de table qui, se souvenant d'où il vient, redevient arbre et se met à fleurir avec une exubérance lyrique. Comme cette table bleu outremer qui joue les piscines en accueillant sur son plateau dur le splash éclaboussant d'un
invisible plongeon. Comme cette rangée de candélabres baroques qui bourgeonnent comme une allée d'arbres au prin-temps. Comme cette chaise qui se fait danseuse ondoyante jonglant avec une orange. Ou comme cette poire géante enchâssée dans une baignoire, bien charnelle et plantureuse mais vue en négatit, comme découpée en creux...
Les fonds noirs donnent le ton à une grande partie de ce nouveau cycle de travaux. Pourquoi le noir qui gomme tout contexte autour des objets ? Pour la radicalité et l'énergie du noir peut-être. Pour le degré supplémentaire d'abstraction qu'il apporte.
Et pour l'idée du vide qu'il véhicule, lié au souffle vital originel.
Car comme le dit si bien François Cheng parlant du vide dans l'optique chinoise (Vide et plein, le langage pictural chinois, Points, 1991) : « Le Vide n'est pas, comme on pourrait le supposer, quelque chose de vague ou d'inexistant, mais un élément éminemment dynamique et agissant».
Françoise Jaunin.
English translation:
In her catalogue essay for The Other Life of Objects, Françoise Jaunin examines Emmanuel Perez’ unique approach to contemporary painting. His work investigates the relationships between figures, objects, and the viewer, exploring how identities and presences are constructed and perceived.
Perez combines immediacy with careful observation, producing compositions that are both intuitive and rigorously considered. The dialogue between representation and abstraction, between the visible and the implied, gives his work a powerful emotional and conceptual resonance. Each painting becomes a space for reflection on human presence, interaction, and the subtle tensions of everyday life.
2021 : Voil, édition catalogue, tirage 200 exemplaires / Voil, catalogue edition, 200 copies edition.
Emmanuel Perez s’intéresse à tout ce qui a trait au vivant et au familier. Faisant la part belle à l’instinct et à l’intuition, il y puise les éléments de sa mythologie personnelle : les hommes et les femmes, les animaux domestiques ou sauvages, les objets du quotidien et surtout leurs rencontres et croisements singuliers qui renversent l’ordre habituel des choses, détournent les imageries connues et font basculer l’ordinaire dans l’extraordinaire, l’onirique et le surnaturel. Avec sa palette vive et généreuse et ses ambiances de contes et légendes, il se fait passeur entre le réel et d’autres mondes parallèles, gardant à ses figures et autres portraits sans visage une part d’indétermination énigmatique qui leur permet de rester ouverts à d’autres transformations et interprétations possibles. Parce qu’au bout du compte, aime-t-il à rappeler en écho à Marcel Duchamp : « Le tableau doit avoir le pouvoir d’être fait par celui qui le regarde».
Françoise Jaunin.
Couverture / Cover
2024 : Magazine culturel de Monaco, couverture / Cultural Magazine of Monaco, cover Œuvre / Work : “Grand disciple”, 2021 — acrylic on linen canvas, 162 × 130 cm (64 × 51 in) Photo : Mathieu Avaux
Source : https://www.scopalto.com/revue/d-art-de-culture
Couverture / Cover
2015 : Magazine culturel de Monaco, couverture / Cultural Magazine of Monaco, cover
Œuvre / Work : Sans titre, 2015 — drawing on paper, 70 × 100 cm, Photo : Mathieu Avaux
Supports / Média
2025 : Carte d’invitation, exposition de fin de résidence No WiFi Tonight, Hallion Architecture and Design, Auckland, Nouvelle-Zélande.Invitation card, end-of-residency exhibition No WiFi Tonight, Hallion Architecture and Design, Auckland, New Zealand, 2025
http://www.hallion.co.nz/
Supports / Média
2023 : Carte d’invitation, exposition monographique L’autre vie des objets, Galerie Univers, Lausanne.Invitation / card, solo exhibition The Other Life of Objects, Galerie Univers, Lausanne, 2023
Supports / Média
2023 : Texte de Florence Millioud, publié en ligne, illustré par Faire du ciel avec de la terre, 2021 / Text by Florence Millioud, published online, illustrated with Faire du ciel avec de la terre, 2021
https://www.24heures.ch/lailleurs-demmanuel-perez-shabille-en-noir-659429684161
Support / Media
2021 : Édition catalogue – Voil, tirage 200 exemplaires / Catalogue edition – Voil, edition of 200 copies
Support / Media
2016 : Portrait dans la revue d’art Artension, n°135, texte de Frédérique Oudin / Portrait in Artension Art Review, No. 135, text by Frédérique Oudin
Support / Media
2016 : ARTUP, salon d’art contemporain, Grand Palais, Lille, Galerie Nicole Evin / ARTUP, contemporary art fair, Grand Palais, Lille, Galerie Nicole Evin
https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid02fdRPyBPwU8aRZ9jNtVKs8MiCg3Br2D8DbeCKRLCniXdFmw58bNmkQ4JZkmzdUgBXl&id=1306826676
https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/art-up-lille-fete-l-art-contemporain-d-eugene-leroy-a-c215_3322137.html
Support / Media
2015 : Finistère, acrylique sur toile de lin, 170 x 130 cm (67 x 51 in) Presse : Le Télégramme, 17 août 2015, Crédits photo : R. Tanguy, MLX - K125A / Finistère, acrylic on linen canvas, 170 x 130 cm (67 x 51 in)Press: Le Télégramme, August 17, 2015, Photo credits: R. Tanguy, MLX - K125A
Recommandations / Recommendations
2023 – Nicole Evin
“J’ai rencontré Emmanuel Perez à Lille, frappée par la pureté et l’efficacité de son travail. Son œuvre allie simplicité, style et profondeur : un message grave mais résolument optimiste. Emmanuel trace subtilement un chemin vers nos cœurs et nos âmes, sans jamais imposer. J’ai acquis de nombreuses de ses toiles, et il occupe une place unique dans ma collection.”
“I met Emmanuel Perez in Lille, struck by the purity and efficiency of his work. His work combines simplicity, style, and depth: a serious yet resolutely optimistic message. Emmanuel subtly traces a path to our hearts and souls, without ever imposing. I have acquired many of his paintings, and he occupies a unique place in my collection.”
— Nicole Evin, ancienne galeriste et collectionneuse / former gallery owner and collector
2015 – Emmanuelle De Baecke
“Pour la couverture du magazine d’art & de culture, j’ai choisi l’œuvre d’Emmanuel Perez, intitulée “Sans titre”. Ce dessin, à la fois enraciné et fragile, a illustré l’ADN artistique du magazine et marqué sa singularité visuelle.”
“For the cover of the art & culture magazine, I chose Emmanuel Perez’s work entitled “Untitled.” This drawing, both rooted and fragile, illustrated the magazine’s artistic DNA and left its unique visual imprint.”
— Emmanuelle De Baecke, Fondatrice, rédactrice en chef et directrice artistique / Founder, Editor-in-Chief and Artistic Director of art & culture, the cultural magazine of Monaco
external links
https://www.24heures.ch/lailleurs-demmanuel-perez-shabille-en-noir-659429684161
https://euro.dayfr.com/news/amp/630663
https://www.fykmag.com/galerie-univers-lausanne-emmanuel-perez-lautre-vie-des-objets/
https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/art-up-lille-fete-l-art-contemporain-d-eugene-leroy-a-c215_3322137.html
https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid02fdRPyBPwU8aRZ9jNtVKs8MiCg3Br2D8DbeCKRLCniXdFmw58bNmkQ4JZkmzdUgBXl&id=1306826676